L’assida boufriwa est une recette que j’ai découverte plus tard dans ma vie. Je ne la tiens pas de ma grand-mère. Elle ne la préparait pas, et je ne me souviens pas non plus de l’avoir préparée avec ma mère.
Je l’ai découverte plus tard, puis j’ai testé différentes recettes, différentes proportions et différentes textures. J’ai essayé, ajusté, goûté… jusqu’à trouver une version qui correspond vraiment à ce que j’aime.
Et finalement, c’est peut-être aussi ça, la cuisine : recevoir, expérimenter, transformer et, un jour, transmettre.
Ma version de l’assida boufriwa
Il existe certainement autant de recettes d’assida boufriwa que de familles qui la préparent.
Certaines utilisent uniquement de l’eau, d’autres du lait. Les proportions de farine, de noisettes ou de sucre changent. La texture peut être plus ou moins épaisse, plus ou moins fluide.
Dans ma version, j’ai choisi d’associer le lait et l’eau, avec du lait concentré sucré.
Et oui, avec du lait, certains pourront considérer qu’on se rapproche davantage d’une bouza que d’une assida.
Mais finalement, je ne cherche pas à défendre une recette comme étant la seule bonne.
La meilleure recette, c’est celle que notre palais préfère.
Celle qui nous plaît. Celle qu’on aime retrouver. Celle qu’on a envie de refaire.
Qu’elle soit authentique, traditionnelle, revisitée ou complètement personnelle, ce qui compte pour moi, c’est le plaisir qu’elle procure.

La recette
Pour l’assida
Ingrédients
- 500 g de pâte de noisettes torréfiées, bien lisse
- 200 g de farine
- 1 litre de lait entier
- 500 g d’eau
- 1 boîte de lait concentré sucré (397 à 400 g)
- 50 g de sucre
Préparation
1. Préparer le premier mélange
Dans un grand saladier, mélanger la farine, le lait et le lait concentré sucré.
Fouetter soigneusement jusqu’à obtenir une préparation homogène, puis passer le mélange au tamis afin d’éliminer les éventuels grumeaux.
2. Première cuisson
Verser la préparation tamisée dans une grande casserole.
Faire cuire à feu moyen en remuant constamment avec un fouet afin que la farine n’accroche pas au fond de la casserole.
Poursuivre la cuisson jusqu’à ce que la préparation épaississe et prenne la consistance d’une crème.
3. Préparer la pâte de noisettes
Pendant ce temps, dans un autre saladier, mélanger les 500 g de pâte de noisettes avec les 500 g d’eau.
Bien fouetter afin de diluer la pâte de noisettes et d’obtenir un mélange homogène.
4. Réunir les deux préparations
Lorsque la première préparation est cuite, la verser directement sur le mélange pâte de noisettes et eau.
Bien mélanger afin d’incorporer parfaitement les deux préparations.
5. Cuisson finale
Reverser le tout dans la casserole et poursuivre la cuisson à feu doux à moyen, en remuant constamment.
La préparation va progressivement épaissir et devenir lisse, brillante et crémeuse.
Il ne faut pas chercher à obtenir une texture trop ferme : l’assida va encore épaissir en refroidissant.
6. Ajouter le sucre
À la toute fin de la cuisson, ajouter les 50 g de sucre.
Bien mélanger jusqu’à dissolution complète, puis poursuivre la cuisson quelques instants.
7. Dressage
Verser l’assida encore chaude directement dans les verrines, les coupes ou les mini-bols.
Laisser refroidir avant de décorer.
Une crème pâtissière légère à la vanille
Pour accompagner cette assida, j’ai choisi une crème pâtissière très simple à la vanille.
Je voulais quelque chose de léger, souple et velouté, qui apporte une petite touche de douceur sans voler la vedette à la noisette.
Ingrédients
- 400 ml de lait entier
- 2 jaunes d’œufs
- 50 g de sucre
- 30 g de fécule de maïs
- 1 à 2 gousses de vanille
- 15 g de beurre
Préparation
- Fendre la gousse ou les gousses de vanille et récupérer les graines.
- Mettre les graines et les gousses dans le lait. Faire chauffer jusqu’à frémissement, puis couper le feu et laisser infuser 10 à 15 minutes.
- Dans une casserole, fouetter les jaunes d’œufs avec le sucre.
- Ajouter la fécule de maïs et mélanger.
- Retirer les gousses de vanille du lait et verser progressivement le lait chaud sur le mélange en fouettant.
- Remettre sur feu moyen et cuire en fouettant constamment jusqu’à épaississement.
- Dès les premiers bouillons, poursuivre la cuisson environ une minute.
- Retirer du feu et incorporer le beurre.
- Fouetter jusqu’à obtenir une crème parfaitement lisse et brillante.
- Filmer au contact et laisser refroidir complètement.
Cette proportion donne une crème qui reste souple et veloutée après refroidissement, plutôt qu’une crème pâtissière très ferme.
Une décoration toute simple
Une fois l’assida refroidie, déposer une fine couche de crème pâtissière à la vanille.
Pour la finition, vous pouvez utiliser ce que vous aimez :
- poudre de noisettes ;
- noisettes torréfiées concassées ;
- pistaches concassées ou en poudre ;
- pignons de pin ;
- ou un mélange de fruits secs.
Personnellement, j’aime beaucoup la poudre de noisettes avec quelques pignons de pin.
Mais il n’y a vraiment aucune obligation. La décoration peut être adaptée à ce que vous avez dans vos placards et surtout à vos goûts.
Une petite astuce
Si vous ne mangez pas toutes les verrines immédiatement, je conseille de décorer uniquement celles qui vont être consommées.
Gardez les autres au réfrigérateur et ajoutez la crème pâtissière et les fruits secs au dernier moment.
La décoration sera ainsi plus fraîche et les fruits secs conserveront leur texture et leur petit côté croquant.
Pourquoi le lait concentré sucré ?
C’est l’un des ingrédients que j’aime particulièrement dans cette recette.
Le lait concentré sucré donne à l’assida une texture plus crémeuse et veloutée.
Comme il a déjà été chauffé et concentré, il apporte aussi cette petite note lactée, légèrement caramélisée, que j’aime beaucoup.
Et il donne davantage de corps à la préparation.
Avec les 50 g de sucre ajoutés en fin de cuisson, on obtient pour moi un équilibre très agréable : l’assida est douce et gourmande, mais pas trop sucrée et absolument pas écœurante.
Une recette qui n’était pas un héritage… mais qui pourrait le devenir
C’est peut-être finalement ce qui me touche le plus dans cette recette.
Je ne peux pas raconter que je l’ai apprise auprès de ma grand-mère.
Je ne peux pas dire qu’elle faisait partie des recettes que ma mère préparait à la maison.
Cette recette, je l’ai découverte. Puis je l’ai cherchée, testée et façonnée à mon goût.
Et peut-être qu’un jour, mes enfants la modifieront à leur tour.
Ils mettront peut-être un peu plus de noisettes, moins de sucre, une autre décoration ou une autre texture.
Et ce sera leur version.
Mais j’aimerais qu’un jour, mes enfants ou mes petits-enfants puissent dire :
« Cette assida, c’est la recette de ma grand-mère. C’est elle qui me l’a apprise. »
Parce qu’au fond, une recette familiale ne naît pas forcément dans une famille.
Parfois, elle commence avec nous.
On la découvre, on la cuisine, on l’aime, puis on la transmet.
Et avec un peu de chance, quelques années plus tard, quelqu’un la préparera à son tour en pensant à nous.
C’est peut-être comme ça qu’une recette devient une tradition. 🤎
Par : Houda Mansour
Snin deyma ♥